Le 13 avril 2019, samedi de la 5e semaine du Grand Carême, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a célébré une « liturgie missionnaire » à l’église Notre-Dame-Joie-de-tous-les-affligés, rue Bolchaïa Ordynka, à Moscou.

L’archipasteur concélébrait avec le hiéromoine Paul (Tcherkassov), vice-recteur de l’Institut des Hautes-Études Saints-Cyrille-et-Méthode, et avec les clercs de la paroisse.

Une « liturgie missionnaire » suppose une explication du sens et du déroulement de l’office, des rites et des prières, afin de former ceux qui s’estiment croyants orthodoxes et de contribuer à leur meilleur enracinement dans la foi. Cette pratique, à laquelle le Département synodal des missions du Patriarcat de Moscou a donné sa bénédiction, se développe de plus en plus dans les doyennés du diocèse de Moscou. Elle a fait l’objet d’une discussion lors de la réunion du Haut Conseil ecclésiastique du 20 mars 2019.

Avant le début de la Liturgie, le métropolite Hilarion a prononcé un sermon, dans lequel il a développé le sens de la Divine liturgie, montrant que la participation à cet office était le fondement de la vie spirituelle du chrétien orthodoxe. Mgr Hilarion a rappelé que le mot « liturgie » signifiait en grec « œuvre commune », et a souligné que le but de la Liturgie était la célébration du sacrement de l’Eucharistie (en grec « action de grâce »).

La première Eucharistie a été célébrée par Jésus Christ lors de la Sainte Cène, que rapportent de façon assez détaillée les évangiles selon Matthieu, Marc et Luc, ainsi que la première épître de Paul aux Corinthiens. En même temps, a remarqué le métropolite Hilarion, l’Eucharistie était déjà célébrée dans l’Église lorsque les Évangiles et les épîtres n’avaient pas encore été écrits.

L’archipasteur a parlé en détail de l’origine et de l’histoire de l’Eucharistie : comme était célébré ce sacrement à l’époque apostolique, comment, plus tard, à partir du IVe siècle, l’Eucharistie, autrefois repas fraternel, était devenue un office solennel observant un cérémonial précis, supposant la présence d’un ministre du culte.

Parlant de la forme extérieure de la Liturgie, Mgr Hilarion a mis en évidence son dynamisme, qui montre l’Eucharistie comme un mouvement vers le Royaume, un mouvement en avant à la rencontre de Dieu et un mouvement de Dieu vers l’homme. L’archipasteur a aussi souligné que la Liturgie se présentait comme un dialogue (entre le peuple de l’Église et Dieu, entre le ministre du culte et le peuple, qui, à notre époque, est représenté par le chœur). La Liturgie est symbolique, puisque l’Église est le symbole du Royaume de Dieu, l’Eucharistie terrestre étant le symbole de l’Eucharistie céleste, la Petite entrée symbolisant l’entrée au ciel.

« Lorsque le clergé sort pour la Petite entrée, on lit la prière : « Fais que notre entrée soit aussi l’entrée des saints anges ». Comme le montre cette prière, en dehors des personnes physiquement présentes dans l’église, sont aussi présents des êtres spirituels, les anges, notamment », a expliqué le métropolite.

Selon lui, l’encensement fait partie intégrante de l’office orthodoxe. Il a un sens symbolique.

« La Liturgie orthodoxe est une synthèse des arts, où s’associent harmonieusement l’architecture (le bâtiment de l’église), la peinture (les fresques et les icônes), la prose (lecture de l’Évangile et de l’Apôtre, homélie), la poésie (textes liturgiques lus et chantés), la musique (chant d’église et sonnerie des cloches), ainsi que le rituel (nombreux signes de croix et métanies, entrées et sorties solennelles, inclinaisons, encensement, utilisation de vases et d’ornements liturgiques variés) » a dit le métropolite Hilarion.

Il a ensuite rappelé que le fidèle est invité à partiper à l’office par tous ses sens : avant tout par l’ouïe et par la vue, mais aussi par le toucher (vénération des icônes et des reliques), par l’odorat (pendant l’encensement) et par le goût (par la communion, la consomnation du pain béni et de l’eau bénite).

La célébration de la Divine liturgie, pendant laquelle s’opère le sacrement de l’Eucharistie, répond à un certain nombre de conditions. Le métropolite Hilarion a parlé des conditions dans lesquelles doit être célébrée l’Eucharistie : elle ne peut être célébrée que par un prêtre, le peuple doit toujours y participer, elle ne doit être célébrée, en dehors de quelques rares exceptions, que dans une église. Le saint des saints de l’église orthodoxe est le sanctuaire, et le lieu le plus sacré du sanctuaire est l’autel, sur lequel est célébré le sacrement de l’Eucharistie.

Mgr Hilarion a aussi parlé des vases liturgiques les plus importants, utilisés par le prêtre pendant l’Eucharistie. Il a exposé le sens et la fonction de chacun d’eux et des objets nécessaires à l’office pontifical, ainsi que ceux des ornements portés par l’évêque.

Le rite de la Divine liturgie peut être divisé en trois parties : la proscomidie, le liturgie des catéchumènes et la liturgie des fidèles.

Le métropolite Hilarion a rappelé le sens de la proscomidie (du grec « offrande ») qui est la préparation du pain et du vin pour la célébration du sacrement de l’Eucharistie, s’accompagnant de la lecture de prières.

Interprétant la Divine liturgie proprement dite, Mgr Hilarion a expliqué que l’ecphonèse par laquelle s’ouvre la célébration, « Béni est le Règne du Père et du Fils et du Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles » rappelle le contenu essentiel de notre prière, qui est le Royaume des Cieux, cette réalité spirituelle que Jésus Christ a découvert aux hommes.

L’archipasteur a aussi expliqué à l’assistance l’ordo liturgique, parlant des différentes demandes de la grande ecténie (le mot ecténie signifiant en grec « longue prière ») et des ecténies revenant tout au long de la liturgie, ainsi que des antiphones chantées immédiatement après la grande ecténie.

La Petite entrée a lieu pendant le chant de la troisième antiphone, on parle aussi d’entrée avec l’Évangile.

« Il faut savoir que l’évangéliaire, dans la pratique liturgique, n’est pas seulement un livre de lecture, mais aussi un objet de vénération, a témoigné le métropolite Hilarion. Nous ne lisons pas seulement l’Évangile, nous l’embrassons, nous nous inclinons devant lui parce que dans l’Évangile c’est le Seigneur Jésus Christ Lui-même qui nous parle. En vénérant l’Évangile, nous adorons le Seigneur Jésus Christ. »

La Petite entrée se termine par le chant du Trisagion. Selon le métropolite Hilarion, la tradition orthodoxe voit dans le Trisagion une prière adressée aux trois Personnes de la Trinité : « Saint Dieu » s’adresse au Père, « Saint fort » au Fils, et « Saint Immortel » au Saint Esprit.

Après le Trisagion, on lit l’épître, puis l’Évangile.

« Mais j’en parlerai ensuite » a dit le métropolite, passant à la célébration de la Divine liturgie. « N’oubliez pas que nous participons tous à la Liturgie » a souligné l’archipasteur. « Vous n’êtes pas des spectateurs, mais des participants. La Liturgie est notre œuvre commune. »

Après la lecture de l’Évangile, le métropolite Hilarion a expliqué le sens des textes du Nouveau Testament, un passage de l’épître de saint Paul aux Hébreux et un passage de l’Évangile selon saint Marc.

Mgr Hilarion a expliqué le sens de la lecture de saint Paul (Hb 9,24-28), selon lequel le Christ a fondé une nouvelle religion qui a rendu inutile les multiples sacrifices de l’Ancien Testament. Selon la doctrine de l’apôtre Paul, le Christ est devenu le Grand Prêtre qui s’est offert une fois en sacrifice pour le rachat des péchés de l’humanité. Le sang des agneaux et des chevreaux ne pouvait pas racheter l’humanité du péché, tandis que celui de l’Agneau Divin a été Rédemption pour les hommes.

« La Divine liturgie d’aujourd’hui n’est rien d’autre que le mémorial du sacrifice offert par le Seigneur et Sauveur pour toute l’humanité, a dit le métropolite Hilarion. Bien que ce soit toujours un hiérarque ou un prêtre terrestre qui célèbre la Liturgie, le véritable Célébrant, enseigne l’Église, est le Seigneur Jésus Christ Lui-même.

Ensuite, Monseigneur a expliqué le passage de l’Évangile de Marc sur la confession de Pierre à Césarée de Philippe (Mc 8,27-31).

« Dans ce récit, le Seigneur pose à Ses disciples une question essentielle : qui suis-Je pour vous ? Seul Pierre lui répond. Pourquoi ? Soit parce qu’il réagit plus vite que les autres, soit parce qu’il répond au nom de tous, soit parce qu’il est à ce moment le seul disciple prêt à confesser que Jésus était vraiment le Christ. Ce n’est que plus tard, après la Résurrection, après la descente du Saint Esprit au jour de la Pentecôte que les apôtres confessèrent vraiment Jésus comme Christ, Dieu et Sauveur ».

Le métropolite Hilarion a souligné que la question du Seigneur : « Qu’est-ce que les gens disent de Moi ? » reste toujours aussi importante. « Le Christ pose cette question à chacun de nous. Qui est-Il pour nous ? Un grand prophète, un maître à penser comme les autres grands prophètes de l’Antiquité ? Certes non. Il est pour nous le Dieu incarné, le Sauveur. C’est en cela que le christianisme diffère des autres traditions religieuses. Ce n’est pas la doctrine, la morale qui est au cœur du christianisme, mais le Christ Lui-même, Dieu incarné et crucifié. »

La lecture de l’Évangile à l’église est un moment essentiel de la liturgie des catéchumènes, sa culmination. Jésus Christ est au centre de l’histoire évangélique, Lui le Dieu devenu homme et venu sur terre pour sauver les hommes. Le récit de Sa vie, de Ses actes, de Ses miracles et de Ses enseignements, de Son jugement, de Sa mort sur la croix et de Sa résurrection des morts constituent la trame de l’Évangile. Dans l’Église antique, la lecture de l’Évangile était suivie de l’homélie, car l’Évangile ne doit pas seulement être lu, mais aussi commenté, a constaté le métropolite Hilarion, poursuivant l’explication du déroulement de la Divine liturgie.

La lecture de l’Évangile est suivie de l’ecténie instante. La liturgie des catéchumènes approche de sa fin et on avance vers une nouvelle étape liturgique. Le métropolite Hilarion a expliqué que la litanie instante fait partie de tous les offices ; elle reprend la plupart des demandes de la grande ecténie, par laquelle commence habituellement le service divin. Cependant, a remarqué l’archipasteur, l’ecténie instante comporte un nombre beaucoup plus grand de demandes pour le clergé : en dehors du patriarche et de l’évêque diocésain, on prie pour les prêtres, les hiéromoines et « tous nos frères en Christ » ; on fait aussi mémoire des défunts. On peut aussi intégrer à l’ecténie instante des prières d’intercession pour les malades ou à d’autres occasions.

Monseigneur Hilarion a précisé que ces derniers mois on ajoutait à l’ecténie instante des demandes pour l’unité de l’Église orthodoxe, à la suite des évènements qui ont eu lieu récemment, avec l’intervention du Patriarcat de Constantinople dans l’Église d’Ukraine, suivie d’une tentative de légaliser le schisme qui existe dans ce pays. Il a aussi mentionné la prière pour la paix en Ukraine, à cause du conflit qui se poursuit depuis plusieurs années et a déjà emporté de nombreuses vies. Selon le métropolite Hilarion, l’Église orthodoxe russe n’est pas seulement l’Église de la Russie, mais aussi l’Église de l’Ukraine et d’autres pays limitrophes. La prière pour l’Ukraine est récitée ces dernières années dans toutes les églises de l’Église orthodoxe russe dans le monde entier.

La liturgie des catéchumènes s’achève sur l’ecténie des catéchumènes (ceux qui se préparent au baptême), suivie de l’exclamation : « Que tous les catéchumènes se retirent. Catéchumènes, retirez-vous ! », un appel à quitter l’église. La Liturgie des fidèles commence. Le métropolite Hilarion a expliqué que le moment central de la Liturgie des fidèles est la célébration du sacrement de l’Eucharistie, précédé de la Grande entrée, une procession liturgique pendant laquelle les Saints Dons sont portés de la table de préparation à l’autel pour y être consacrés et devenir le Corps et le Sang du Christ.

La Grande entrée s’effectue au chant de l’hymne des Chérubins. Il reprend l’idée de la participation des anges à la procession de la Grande entrée. Le symbolisme de la Grande entrée comme cortège auquel participe le Christ entouré des anges, est ainsi souligné.

Après la Grande entrée, le diacre entonne l’ecténie d’intercession, par laquelle l’Église prépare les fidèles au sacrement de l’Eucharistie. A ce moment, le prêtre lit la prière de l’oblation, demandant à Dieu d’agréer l’offrande. Dans l’offrande eucharistique revit la notion antique, mais oubliée depuis longtemps, du sacrifice comme un don, offert par les hommes à Dieu.

« Ensuite, dans le rite ancien de la liturgie, suivait le baiser de paix : tous les fidèles présents s’embrassaient, a raconté le métropolite Hilarion. Aujourd’hui, ce rite n’est plus pratiqué que par les clercs dans le sanctuaire. Tous les prêtres s’approchent de l’évêque qui prononce : « Le Christ est au milieu de nous ». Ils répondent : « Il l’est et le demeurera». Ce dialogue exprime la foi dont est pénétrée toute la Liturgie : le véritable célébrant n’est pas le hiérarque présent, ni le prêtre, mais le Seigneur Jésus Christ Lui-même. »

Mgr Hilarion a aussi expliqué que l’exclamation : « Les portes, les portes ! Soyons attentifs dans la sagesse » rappelle qu’à ce moment de la Liturgie, dans l’Église antique, on fermait les portes de l’église pour que personne d’étranger ne puisse entrer.

Ensuite, le métropolite Hilarion a parlé du Symbole de foi, une prière qui contient les principaux dogmes de l’Église orthodoxe. Il a fait l’historique de cette prière et expliqué son importance pour le chrétien orthodoxe.

La liturgie s’est ensuite poursuivie, et Mgr Hilarion a lu la prière pour la paix en Ukraine.

Avant le début du Canon eucharistique, appelé aussi anaphore (du grec « offrande »), le métropolite Hilarion a parlé de cette partie centrale de la Liturgie, pendant laquelle se produit la transformation ou transsubstantation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ. Le hiérarque a développé le contenu spirituel et le sens de l’anaphore, évoqué la pratique de la lecture secrète des prières eucharistiques, devenue générale.

Parlant de la structure de l’anaphore, Mgr Hilarion a constaté que sa première partie était une action de grâce, développant la profondeur des sentiments de l’âme fidèle à Dieu. Dans cette partie, le prêtre confesse la théologie apophatique, une méthode théologique qui consiste à exprimer l’essence divine en niant les unes après les autres toutes les définitions possibles de Dieu, comme ne pouvant s’appliquer à Lui, donc dans la connaissance de Dieu par la compréhension de ce qu’Il n’est pas. On parle de Dieu à l’aide de quatre épithètes négatives : ineffable, incompréhensible, invisible, inaccessible.

La seconde partie de l’anaphore commence par l’exclamation : « Chantant, clamant, criant l’hymne triomphale et disant », suivie du chant « Saint, Saint, Saint le Seigneur Sabaoth. Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire ! Hosanna au plus haut des cieux ! Béni est celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »

La suite fait mémoire de « la Croix, le Tombeau, la Résurrection au troisème jour, l’Ascension au ciel, le Siège à la droite, le second et glorieux Nouvel Avènement ». Un moment important du canon eucharistique est la prononciation à voix haute par le hiérarque des paroles dites par le Sauveur pendant la Sainte Cène, lorsqu’Il proposa Son Corps et Son Sang aux apôtres : « Prenez et mangez : ceci est Mon Corps qui est rompu pour vous, en rémission des péchés ». Puis : « Buvez-en tous, ceci est Mon Sang, le Sang de la Nouvelle Alliance, qui est répandu pour vous et pour la multitude, en rémission des péchés. » On parle de paroles de « l’institution », parce que c’est à ce moment que le Seigneur institua le sacrement de l’Eucharistie.

Ici, le diacre élève les Saints Dons.

Le métropolite Hilarion a attiré l’attention sur l’exclamation « Ce qui est à Toi, le tenant de Toi, nous Te l’offrons en tout et pour tout ». Ces paroles révèlent le sens théologique de l’offrande eucharistique comme sacrifice, a souligné l’archipasteur. Ils veulent dire : Nous t’offrons Tes propres dons.

Ensuite, on invoque le Saint Esprit sur le pain et le vin eucharisitiques, afin que le Seigneur les transforme en Corps et Sang du Christ. Le pain et le vin se transforment à ce moment en Corps et en Sang du Christ.

Achevant cette partie de l’anaphore, le hiérarque prononce : « Pour qu’ils (le pain et le vin, devenus Corps et Sang du Christ) deviennent pour ceux qui les reçoivent sobriété de l’âme, rémission des péchés, communion de Ton Saint Esprit, plénitude du Royaume des cieux, confiance en Toi et non jugement ou condamnation ».

Enfin, on fait mémoire de la Mère de Dieu, de tous les saints, des défunts, de l’Église, du pays, des autorités, des armées, du patriarche, de l’évêque diocésain. C’est une prière pour tous les saints, pour l’Église sainte, catholique et apostolique, pour tous les chrétiens vivants et morts dans l’espérance de la résurrection et de la vie éternelle, pour « tous et pour toutes ».

Pendant l’office, le métropolite Hilarion a lu la prière de l’oblation à voix haute, pour que toutes les personnes présentes dans l’église entendent son texte, qui développe le contenu principal de la Liturgie comme mémorial de la Sainte Cène et, dans un sens plus large, comme souvenir de la sollicitude de Dieu pour le monde et pour l’homme, depuis la création du monde jusqu’au second avènement du Christ.

Après le verset de communion, l’hiéromoine Paul (Tcherkassov) a prêché sur le sens du « Notre Père », expliqué comment se déroule la communion du clergé dans le sanctuaire et la communion des laïcs dans l’église.

Après l’envoi, Mgr Hilarion a prononcé une dernière homélie, appelant à ne pas oublier ce qui se passe pendant la Divine liturgie.

« Le Christ Lui-même se présente à nous, Il ne nous donne pas seulement Son Corps, Il entre en nous. Il veut continuer à vivre en nous. Son Corps est devenu partie de notre corps, Son Sang coule désormais dans nos veines » a dit l’archipasteur.

« On parle de « Liturgie après la Liturgie » a poursuivi le métropolite. La Divine liturgie à l’église est terminée, mais celle qui est notre œuvre commune hors de l’église continue. Il faut se souvenir de l’expérience acquise ici, afin de la partager avec ceux qui demeurent au-delà du seuil de l’église.

Mgr Hilarion a souligné qu’il fallait comprendre le sens théologique de la Divine liturgie, et qu’il convenait pour cela d’en bien connaître le texte, y compris les prières que le prêtre prononce dans le sanctuaire.

« L’homme moderne a généralement perdu le goût de la théologie, a regretté le métropolite. (…) En retrouver le goût n’est pas si facile. Cependant, on ne saurait sans cela « goûter » la Liturgie, en apprécier toute la richesse. Si nous ne connaissons pas les dogmes de l’Église, ne savons pas comment ils se sont formés, quels débats ont opposé les hérétiques à l’Église autour de ces dogmes, nous ne pourrons pleinement comprendre le contenu théologique de la Divine liturgie.

Le métropolite Hilarion a souhaité à chaque personne présente dans l’église de trouver sa voie vers les profondeurs théologiques et mystiques de la Liturgie. « Pour que chacun découvre encore et encore les profondeurs du service divin et garde sans cesse à l’esprit que nous ne sommes pas des individus, mais les membres du même communauté, accomplissant une œuvre commune devant le Dieu unique » a résumé Mgr Hilarion, invoquant la bénédiction de Dieu sur les fidèles.