{"id":39216,"date":"2011-04-04T14:50:53","date_gmt":"2011-04-04T11:50:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.mospat.ru\/?p=39216"},"modified":"2011-04-05T16:48:54","modified_gmt":"2011-04-05T13:48:54","slug":"mitropolit-volokolamskijj-ilarion-cerkov-daet-ogromnyjj-prostor-i-dlya-lichnogo-i-dlya-sobornogo-tvorchestva","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/2011\/04\/04\/news39216\/","title":{"rendered":"Le m\u00e9tropolite Hilarion de Volokolamsk : \u00ab l\u2019\u00c9glise offre un immense espace de cr\u00e9ativit\u00e9 personnelle et coll\u00e9giale \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><em>A la veille de son voyage en Gr\u00e8ce, pr\u00e9vu pour les 9-10 avril, le pr\u00e9sident du D\u00e9partement des relations ext\u00e9rieures du Patriarcat de Moscou a donn\u00e9 une interview exclusive au journal grec \u00ab\u00a0Katimerini\u00a0\u00bb, publi\u00e9e le 3 avril. <\/em><\/p>\n<p>\u2013<strong> De grands classiques comme \u00ab\u00a0La passion selon saint Mathieu\u00a0\u00bb de Bach ou \u00ab\u00a0Le Messie\u00a0\u00bb de Haendel sont les chefs d\u2019\u0153uvre in\u00e9gal\u00e9s de la tradition musicale occidentale que couronne le compositeur contemporain Arvo Part. Vos \u0153uvres s\u2019inscrivent-elles dans la tradition de l\u2019art occidental\u00a0? Comment, en tant que th\u00e9ologien, faites-vous le lien entre votre propre tradition et l\u2019art occidental\u00a0? Ne s\u2019agit-il pas de deux exp\u00e9riences religieuses diff\u00e9rentes\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>\u2013 Le genre dans lequel sont \u00e9crites les \u0153uvres que vous venez de mentionner est principalement typique de la tradition musicale occidentale. Les musiciens profanes russes, eux, n\u2019ont pas \u00e9crit de musique sur des sujets \u00e9vang\u00e9liques\u00a0: tous les op\u00e9ras et oratorios russes ont un sujet folklorique, romantique ou historique. En Russie avant la r\u00e9volution, il existait une nette diff\u00e9rentiation entre musique profane et musique sacr\u00e9e\u00a0: les compositeurs profanes, \u00e0 quelques tr\u00e8s rares exceptions pr\u00e8s, ne se sont pas int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la th\u00e9matique religieuse. Lorsque Tcha\u00efkovski a \u00e9crit sa \u00ab\u00a0Liturgie\u00a0\u00bb, les autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques en ont interdit l\u2019interpr\u00e9tation dans les \u00e9glises. Non pas parce que sa musique \u00e9tait plus profane que celle d\u2019autres compositeurs moins talentueux, mais parce que Tcha\u00efkovski \u00e9tait associ\u00e9 avant tout \u00e0 une musique profane, non religieuse.<\/p>\n<p>Notre \u00e9poque a permis de gommer cette fronti\u00e8re artificielle entre art sacr\u00e9 et art profane. Lorsque m\u2019est venue l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00e9crire une \u00ab\u00a0Passion selon saint Mathieu\u00a0\u00bb, j\u2019avais l\u2019intention de cr\u00e9er une sorte de synth\u00e8se, d\u2019une part entre la tradition de Bach, propre \u00e0 l\u2019Occident, et la tradition du chant d\u2019\u00e9glise russe d\u2019autre part. En d\u2019autres termes, il s\u2019agissait de suivre la forme bachienne, traditionnelle depuis trois cent ans dans l\u2019\u00e9glise protestante, et de lui donner un contenu orthodoxe gr\u00e2ce aux textes liturgiques de l\u2019\u00c9glise orthodoxe. La liturgie orthodoxe poss\u00e8de un office rappelant par certains aspects la \u00ab\u00a0Passion\u00a0\u00bb de Bach\u00a0: c\u2019est celui dit des Douze \u00e9vangiles, c\u00e9l\u00e9br\u00e9 la veille du Vendredi saint, pendant lequel on lit des passages d\u2019\u00e9vangile sur la Passion du Christ, intercal\u00e9s de r\u00e9citatifs lus par le lecteur et de chants interpr\u00e9t\u00e9s par le ch\u0153ur. Cependant, ma composition n\u2019est pas destin\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9glise orthodoxe, mais aux salles de concert. C\u2019est pourquoi je ne me suis pas seulement servi du ch\u0153ur, mais aussi d\u2019un orchestre \u00e0 cordes.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience religieuse occidentale diff\u00e8re de l\u2019exp\u00e9rience orientale, orthodoxe. Cette diff\u00e9rence se fait particuli\u00e8rement sentir dans la perception des souffrances du Christ. Dans la tradition occidentale, c\u2019est la r\u00e9ception \u00e9motionnelle qui domine, comme en t\u00e9moignent la peinture et la musique de l\u2019\u00e9poque de la Renaissance. Sur les repr\u00e9sentations occidentales de la Crucifixion, le Christ est peint souffrant, les yeux ouverts lev\u00e9s vers le ciel. Sur les ic\u00f4nes orthodoxes de la Crucifixion, le Sauveur est d\u00e9j\u00e0 mort\u00a0: ses souffrances, ses tortures, son agonie sont laiss\u00e9es \u00ab\u00a0hors champ\u00a0\u00bb. On retrouve la m\u00eame r\u00e9ception de la Passion dans les textes liturgiques de l\u2019\u00c9glise orthodoxe. Ils parlent des souffrances et de la mort du Sauveur, mais soulignent bien que c\u2019est le Dieu incarn\u00e9 en personne qui souffrit sur la croix\u00a0: sa passion est ins\u00e9parable de sa gloire divine, sa mort est indissociable de sa r\u00e9surrection.<\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0Passions\u00a0\u00bb en tant que genre ne supposent pas la lecture de l\u2019histoire de la r\u00e9surrection. Dans ma \u00ab\u00a0Passion\u00a0\u00bb \u00e9galement, seuls les r\u00e9cits \u00e9vang\u00e9liques de la passion, de la mort et de l\u2019ensevelissement du Christ sont lus. Mais le th\u00e8me de la R\u00e9surrection est l\u2019un des <em>leitmotive<\/em> autant des textes liturgiques \u00e0 la base du libretto, que de la musique. Cette musique est \u00e0 la fois lyrique et tragique, sans que l\u2019\u00e9motion ne prenne le dessus. L\u2019essentiel, pour moi, \u00e9tait de donner \u00e0 l\u2019auditeur la possibilit\u00e9 de revivre l\u2019histoire de la passion du Christ \u00e0 travers le prisme de leur r\u00e9ception orthodoxe. Cette \u0153uvre est \u00e9crite ad majorem Dei gloriam, elle est d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Celui que je sers depuis l\u2019\u00e2ge de raison, J\u00e9sus Christ, Dieu et homme.<\/p>\n<p>\u2013<strong> Assiste-on aujourd\u2019hui en Russie \u00e0 une renaissance de la musique sacr\u00e9e russe non occidentale des XVIe et XVIIe si\u00e8cles\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat pour la tradition russe antique est croissant en Russie ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Cela concerne aussi bien l\u2019architecture et l\u2019iconographie que le chant liturgique. Certains monast\u00e8res et certaines parosises sont pass\u00e9s du chant dit \u00ab\u00a0partessien\u00a0\u00bb (\u00e0 plusieurs voix), introduit en Russie depuis l\u2019Occident aux XVIIIe \u2013 XIXe si\u00e8cles, au chant monophonique neumatique russe traditionnel. De m\u00eame que la musique byzantine sacr\u00e9e, le chant neumatique (<em>znamenny<\/em>) contribue \u00e0 la pri\u00e8re, il enseigne la pri\u00e8re, car le chant <em>znamenny<\/em> est n\u00e9 de la pri\u00e8re. La langue musicale des pi\u00e8ces \u00ab\u00a0partessiennes\u00a0\u00bb est profane, m\u00eame lorsque ces \u0153uvres sont destin\u00e9es \u00e0 un usage liturgique.<\/p>\n<p>\u2013<strong> Existe-t-il aujourd\u2019hui dans l\u2019\u00c9glise un art qui ne soit pas le fruit d\u2019une inspiration personnelle, mais un t\u00e9moignage de la communion eucharistique\u00a0? Dans quelle mesure cela est-il possible en l\u2019absence de paroisses-communaut\u00e9s \u00e0 notre \u00e9poque\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>\u2013 La vie du chr\u00e9tien orthodoxe s\u2019organise autour de l\u2019Eucharistie, qui est le centre de la vie en \u00c9glise, la source vivifiante des forces et des aspirations cr\u00e9atrices humaines. L\u2019individualisme et la s\u00e9cularisation de la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine n\u2019ont pas \u00e9pargn\u00e9 la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale, abaissant consid\u00e9rablement la part de la cr\u00e9ativit\u00e9 collective communautaire. N\u00e9anmoins, la communaut\u00e9 eccl\u00e9siale continue \u00e0 vivre et \u00e0 cr\u00e9er, puisant ses forces et son inspiration \u00e0 la tradition et \u00e0 la vie sacramentelle de l\u2019\u00c9glise. Je ne suis pas d\u2019accord avec ceux qui nient la notion de paroisse-communaut\u00e9 dans l\u2019\u00c9glise d\u2019aujourd\u2019hui. La renaissance de l\u2019\u00c9glise russe, \u00e0 la fin du XXe si\u00e8cle, a permis la cr\u00e9ation de communaut\u00e9s orthodoxes sous la direction d\u2019un pr\u00eatre qui, ensemble, construisaient de nouvelles \u00e9glises, les ornaient, y mettaient en place une vie paroissiale, y ouvraient des \u00e9coles du dimanche pour les enfants.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9glise offre un immense espace de cr\u00e9ativit\u00e9 personnelle et coll\u00e9giale. L\u2019homme d\u2019\u00c9glise, c\u2019est celui qui met son potentiel cr\u00e9atif au service de l\u2019\u00c9glise. Et l\u2019\u00c9glise, de nos jours, montre de remarquables exemples de cr\u00e9ativit\u00e9 collective. Il suffit de parler de l\u2019essor de l\u2019iconographie qui a suivi la renaissance de l\u2019\u00c9glise russe. Aujourd\u2019hui, ce ne sont pas seulement des iconographes isol\u00e9s, mais des brigades enti\u00e8res qui travaillent \u00e0 l\u2019ornementation des \u00e9glises. Dans les \u00e9coles et les ateliers d\u2019iconographie, des centaines et des milliers de jeunes gens apprennent les secrets de l\u2019art figuratif chr\u00e9tien. Tout cela serait impossible sans une vie communautaire intense, y compris dans le contexte de l\u2019Eucharistie.<\/p>\n<p>\u2013<strong> En tant que pr\u00e9sident du D\u00e9partement des relations ext\u00e9rieures du Patriarcat de Moscou, croyez-vous que l\u2019unit\u00e9 des \u00c9glises orthodoxes locales n\u2019est pas illusoire, mais bien r\u00e9elle\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>\u2013 Non seulement je crois en l\u2019unit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise, mais j\u2019exp\u00e9rimente cette unit\u00e9 dans ma vie eucharistique. Je suis souvent en contact avec des repr\u00e9sentants d\u2019autres \u00c9glises orthodoxes locales, je c\u00e9l\u00e8bre avec eux. Et \u00e0 chaque fois, en participant \u00e0 ces liturgies, je ressens une grande joie de ce que, nous qui sommes si diff\u00e9rents, nous confessons d\u2019un seul c\u0153ur la m\u00eame foi orthodoxe, communions au m\u00eame calice, de ce que l\u2019amour fraternel n\u2019est pas un son creux, mais une r\u00e9alit\u00e9 vivante.<\/p>\n<p>J\u2019ai particip\u00e9 il y a quelques jours \u00e0 la cons\u00e9cration d\u2019un nouveau m\u00e9tropolite du Patriarcat \u0153cum\u00e9nique. Je connais depuis longtemps Mgr Elpidophore, depuis nos \u00e9tudes\u00a0: il \u00e9tait \u00e9tudiant en Allemagne et moi en Angleterre. Le patriarche \u0153cum\u00e9nique a pr\u00e9sid\u00e9 la cons\u00e9cration \u00e0 laquelle assistaient des hi\u00e9rarques de nombreuses \u00c9glises locales, y compris Sa B\u00e9atitude l\u2019archev\u00eaque J\u00e9r\u00f4me d\u2019Ath\u00e8nes. Ce genre d\u2019\u00e9v\u00e8nement a une dimension pan-orthodoxe, m\u00eame s\u2019il concerne avant tout une \u00c9glise locale en particulier.<\/p>\n<p>Le dimanche de l\u2019Orthodoxie, le patriarche Cyrille s\u2019est adress\u00e9 aux repr\u00e9sentants des \u00c9glises orthodoxes locales pr\u00e9sents \u00e0 Moscou. Les fronti\u00e8res juridiques des \u00c9glises n\u2019ont pas d\u2019incidence sur l\u2019essence de l\u2019\u00c9glise orthodoxe, qui, au-del\u00e0 de ces fronti\u00e8res, reste Une, Sainte, Catholique et Apostolique, leur a-t-il dit. Et je crois que malgr\u00e9 les d\u00e9saccords existant entre certaines \u00c9glises locales, dues \u00e0 diff\u00e9rentes p\u00e9rip\u00e9ties de notre histoire, nous restons unis sur toutes les questions essentielles touchant \u00e0 la foi et \u00e0 la morale. C\u2019est un gage de notre capacit\u00e9 \u00e0 travailler ensemble au bien de l\u2019\u00c9glise orthodoxe. Je crois aussi que le Concile pan-orthodoxe dont la pr\u00e9paration dure depuis d\u00e9j\u00e0 un demi-si\u00e8cle n\u2019est plus si \u00e9loign\u00e9.<\/p>\n<p>\u2013\u00a0<strong>Durant les premiers si\u00e8cles de l\u2019\u00c9glise, en m\u00eame temps que le syst\u00e8me de la Pentarchie, les \u00e9v\u00eaques des cinq villes incarnaient cinq tendances, ou \u00e9coles, th\u00e9ologiques. A notre \u00e9poque, qu\u2019incarnent les Patriarcats nationaux dans la vie de l\u2019\u00c9glise\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>\u2013 Je ne souhaite pas m\u2019attarder maintenant en d\u00e9tail sur la th\u00e9orie dite de la \u00ab\u00a0pentarchie\u00a0\u00bb. Cette th\u00e9orie avait une origine profane et, comme toutes les th\u00e9ories politico-eccl\u00e9siastiques de ce genre, elle n\u2019a jamais concern\u00e9 le c\u0153ur de la foi orthodoxe (de m\u00eame que la th\u00e9orie de la \u00ab\u00a0Troisi\u00e8me Rome\u00a0\u00bb, en son temps a connu une certaine popularit\u00e9 en Russie, sans avoir aucune importance pour le pr\u00e9sent). La question du fait m\u00eame de l\u2019existence de la notion de \u00ab\u00a0pentarchie\u00a0\u00bb et son histoire exigent une clarification qui d\u00e9passe le cadre d\u2019un entretien. Je n\u2019ai jamais entendu parler non plus de cinq \u00e9coles th\u00e9ologiques durant les premiers si\u00e8cles de l\u2019\u00c9glise\u00a0: on parle g\u00e9n\u00e9ralement de deux \u00e9coles, celle d\u2019Alexandrie et celle d\u2019Antioche, un d\u00e9coupage en \u00e9coles suivant un principe g\u00e9ographique ou national d\u2019ailleurs tr\u00e8s conventionnel.<\/p>\n<p>Nous qui sommes orthodoxes, parlons d\u2019une certaine fa\u00e7on une seule langue, pensons suivant des cat\u00e9gories identiques. Les contemporains de saint Antoine le Grand se souviennent qu\u2019il \u00e9tait peu instruit et ne parlait que le copte. Pourtant, des fid\u00e8les de langue grecque venaient le trouver (\u00e0 Alexandrie, le grec \u00e9tait alors la langue de la culture et de l\u2019\u00e9ducation). Dans ces cas-l\u00e0, Antoine parlait en copte, et un moine pr\u00e8s de lui traduisait en grec. Et les Grecs \u00e9coutaient le saint en retenant leur respiration. Non pas \u00e0 cause des qualit\u00e9s de la traduction, mais parce qu\u2019ils voyaient devant eux un exemple de saintet\u00e9 v\u00e9ritable et d\u2019action du Saint Esprit dans l\u2019homme.<\/p>\n<p>Toute \u00c9glise orthodoxe est une incarnation historique de la saintet\u00e9. C\u2019est le cort\u00e8ge de ses saints, ce sont ses \u00e9glises, ses monast\u00e8res, son histoire de pi\u00e9t\u00e9 propre. Cette incarnation historique poss\u00e8de in\u00e9vitablement une dimension nationale. Mais la th\u00e9ologie et la contemplation sont notre valeur commune, et je ne crois pas qu\u2019elles soient la propri\u00e9t\u00e9 de tel ou tel milieu national. Il en \u00e9tait ainsi dans l\u2019Antiquit\u00e9, il en est toujours ainsi.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A la veille de son voyage en Gr\u00e8ce, pr\u00e9vu pour les 9-10 avril, le pr\u00e9sident du D\u00e9partement des relations ext\u00e9rieures du Patriarcat de Moscou a donn\u00e9 une interview exclusive au journal grec \u00ab Katimerini \u00bb, publi\u00e9e le 3 avril.<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9,1,11,12,83],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39216"}],"collection":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=39216"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/39216\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=39216"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=39216"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=39216"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}