{"id":137766,"date":"2016-11-02T23:15:16","date_gmt":"2016-11-02T20:15:16","guid":{"rendered":"https:\/\/mospat.ru\/?p=137766"},"modified":"2016-11-06T13:09:11","modified_gmt":"2016-11-06T10:09:11","slug":"%d0%bc%d0%b8%d1%82%d1%80%d0%be%d0%bf%d0%be%d0%bb%d0%b8%d1%82-%d0%b8%d0%bb%d0%b0%d1%80%d0%b8%d0%be%d0%bd-%d0%bc%d1%83%d0%b7%d1%8b%d0%ba%d0%b0-%d0%b4%d0%bc%d0%b8%d1%82%d1%80%d0%b8%d1%8f-%d1%88%d0%be","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/2016\/11\/02\/news137766\/","title":{"rendered":"Le m\u00e9tropolite Hilarion : la musique de Dimitri Chostakovitch r\u00e9sonne dans les c\u0153urs de millions d\u2019auditeurs"},"content":{"rendered":"<p><em>Le chef d\u2019orchestre et pianiste Maxime Dmitrievitch Chostakovitch \u00e9tait l\u2019invit\u00e9 du m\u00e9tropolite Hilarion de Volokolamsk dans son \u00e9mission \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise et le monde\u00a0\u00bb sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision \u00ab\u00a0Rossia-24\u00a0\u00bb le 30 octobre 2016.<\/em><\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Chers fr\u00e8res et s\u0153urs, bonsoir\u00a0! Vous regardez l\u2019\u00e9mission \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise et le monde\u00a0\u00bb.<br \/>\nVoil\u00e0 110 ans, cet automne, que naquit le grand compositeur Dimitri Chostakovitch, dont la musique refl\u00e8te toutes les horreurs et toutes les trag\u00e9dies travers\u00e9es par notre pays au XX si\u00e8cle. Je re\u00e7ois aujourd\u2019hui le chef d\u2019orchestre et pianiste Maxime Chostakovitch. Nous parlerons de son p\u00e8re. Bonjour, Maxime Dmitrievitch.<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: Bonjour, Monseigneur.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: 110 ans\u00a0! C\u2019est une longue p\u00e9riode historique. Mais vous \u00eates le t\u00e9moin vivant de la vie de votre p\u00e8re. Vous avez particip\u00e9 \u00e0 nombre de ses concerts, \u00e0 de nombreuses premi\u00e8res. J\u2019ai ici la partition des 14e et 15 symphonies de Chostakovitch. Je sais que vous avez justement cr\u00e9\u00e9 la 15e Symphonie, avec les indications de votre p\u00e8re.<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: Oui, mon p\u00e8re m\u2019avait confi\u00e9 la direction de cette symphonie, et je m\u2019\u00e9tais mis au travail avec beaucoup d\u2019enthousiasme, \u00e9coutant ses souhaits, ses remarques. Mon p\u00e8re n\u2019aimait pas expliquer sa musique. Pendant le travail, il se contentait de faire des remarques sur l\u2019accentuation\u00a0: plus fort, moins fort, plus vite, moins vite. Sa confiance m\u2019a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9cieuse. Il m\u2019a fait confiance, et le r\u00e9sultat lui a plu, il me semble, du moins.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: J\u2019aimerais parler d\u2019une p\u00e9riode plus ancienne de la vie de D. Chostakovitch. Il y a eu un moment de rupture tr\u00e8s important, me semble-t-il, dans son travail de composition, entre les 4e et 5e Symphonies. On sait que le compositeur a renonc\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de sa 4e Symphonie apr\u00e8s la parution de l\u2019article \u00ab\u00a0Le chaos remplace la musique\u00a0\u00bb, dans la <em>Pravda<\/em>, en 1936, o\u00f9 une autre \u0153uvre de Chostakovitch \u00e9tait violemment critiqu\u00e9e. Cette critique sur le plan id\u00e9ologique aurait pu signer l\u2019arr\u00eat de mort du compositeur, car en 1936, apr\u00e8s semblables articles, les gens disparaissaient g\u00e9n\u00e9ralement sans laisser de trace.<br \/>\nD. Chostakovitch est rest\u00e9 en vie, par quelque miracle, mais son \u0153uvre a chang\u00e9. La langue de l\u2019\u0153uvre change, la langue dans laquelle il s\u2019adresse au monde. Si la 4e Symphonie, \u00e0 mon avis, correspond assez bien \u00e0 la d\u00e9finition \u00ab\u00a0le chaos remplace la musique\u00a0\u00bb, car c\u2019est effectivement une \u0153uvre d\u2019avant-garde, une musique difficilement accessible, cousue de dissonances et tr\u00e8s longue, la 5e Symphonie revient brusquement \u00e0 une structure beethovenienne. C\u2019est un tout autre Chostakovitch que nous entendons.<br \/>\nCela vous para\u00eetra peut-\u00eatre \u00e9trange, mais je pense que ce coup port\u00e9 \u00ab\u00a0d\u2019en-haut\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 profitable \u00e0 Chostakovitch sur le plan de la cr\u00e9ativit\u00e9.<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: Les symphonies de Chostakovitch sont tr\u00e8s diff\u00e9rentes les unes des autres, il y a toujours quelque chose qui change. C\u2019est pourquoi je n\u2019aime pas qu\u2019on essaye de finir les \u0153uvres de Chostakovitch\u00a0: il y a eu des tentatives de terminer ce qu\u2019il n\u2019a pas eu le temps de faire, mais le r\u00e9sultat n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 satisfaisant, car Chostakovitch est absolument impr\u00e9visible.<br \/>\nEn effet, il a retir\u00e9 sa 4e Symphonie pour se prot\u00e9ger de nouvelles attaques, comme vous l\u2019avez dit. Et certes, la 5e Symphonie ne ressemble pas \u00e0 la 4e, mais c\u2019est une sorte d\u2019explication. Certains y voient une concession au pouvoir. Pour ma part, je pense que son final est un credo, dans lequel Chostakovitch dit\u00a0: \u00ab\u00a0Non, je ne me d\u00e9tournerai pas de cette voie, je resterai sur mes positions, et personne ne me forcera \u00e0 changer mon \u0153uvre.\u00a0\u00bb A mon avis, c\u2019est le sens du final de la 5e Symphonie.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Je pense que tout artiste se tient sur un pi\u00e9destal, il est au-dessus de son temps et des circonstances politiques. La musique de Chostakovitch vit sa propre vie, ind\u00e9pendamment des circonstances dans laquelle elle est n\u00e9e. Dans chaque symphonie, dans chacun de ses accords, une puissance int\u00e9rieure se fait entendre qui r\u00e9sonne dans les c\u0153urs de millions d\u2019auditeurs. Aussi bien du vivant du compositeur que de nos jours. Je pense m\u00eame que sa musique r\u00e9sonne encore plus aujourd\u2019hui, car elle est plus souvent interpr\u00e9t\u00e9e\u00a0: non seulement elle reste \u00e0 l\u2019affiche, mais elle a toujours plus d\u2019admirateurs.<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: Vous avez tout \u00e0 fait raison, Monseigneur. On me demande cependant parfois\u00a0: qu\u2019en aurait-il \u00e9t\u00e9 de la musique de Chostakovitch, s\u2019il avait v\u00e9cu dans un pays libre, s\u2019il n\u2019avait pas v\u00e9cu sous la pression du r\u00e9gime sovi\u00e9tique.<br \/>\nJe pense que la musique de Chostakovitch est plus large que la notion d\u2019humanit\u00e9. Des sentiments humains comme l\u2019amour, la haine, le chagrin, la joie sont partout et toujours les m\u00eames, que ce soit en Allemagne, en Am\u00e9rique ou en Russie. C\u2019est pourquoi sa musique est d\u00e9di\u00e9e aux sentiments humains. Je ne pense pas que la musique de Chostakovitch aurait \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente dans d\u2019autres circonstances politiques.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Chostakovitch est n\u00e9 \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg et a grandi \u00e0 Leningrad. Leningrad est sa ville natale. Sa symphonie \u00ab\u00a0de Leningrad\u00a0\u00bb est sans doute la plus connue. Elle a une histoire particuli\u00e8re, puisqu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e pendant le blocus de Leningrad. Elle est devenue le symbole de la r\u00e9sistance du peuple sovi\u00e9tique aux envahisseurs fascistes. Le th\u00e8me de l\u2019invasion fasciste traverse toute la 7e Symphonie, dans laquelle le compositeur repr\u00e9sente les hordes d\u2019assaillants. En tant que chef d\u2019orchestre en en tant que fils du compositeur, quel est votre avis sur cette symphonie, sur son contenu int\u00e9rieur\u00a0?<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: La Symphonie \u00ab\u00a0de Leningrad\u00a0\u00bb parle bien s\u00fbr de la guerre. Les proph\u00e8tes de l\u2019antiquit\u00e9 la d\u00e9crivent avec des mots, les compositeurs par leur musique. Et c\u2019est pourtant bien une proph\u00e9tie aussi\u00a0: autrement, comment expliquer le final de la symphonie, dont la premi\u00e8re a eu lieu en 1942, au d\u00e9but d\u2019une guerre \u00e9pouvantable, destructrice, mais dans lequel r\u00e9sonne une pr\u00e9diction de la victoire. De mon point de vue, il s\u2019agit absolument d\u2019une proph\u00e9tie.<br \/>\nLe compositeur Boris Tichtchenko, l\u2019\u00e9l\u00e8ve pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Chostakovitch, s\u2019est servi des indications de l\u2019auteur pour compter le nombre de mesures, chronom\u00e9trer le th\u00e8me de l\u2019invasion, qui se poursuit tout le temps que joue le petit tambour (chaque mesure a quatre quarts de ton, chaque quart de ton, selon l\u2019auteur, revient \u00e0 126 coups par minutes). Ses calculs l\u2019ont amen\u00e9 \u00e0 un r\u00e9sultat stup\u00e9fiant\u00a0: l\u2019ensemble du th\u00e8me de l\u2019invasion dure 666 secondes et 6 par p\u00e9riode. Je ne peux autrement l\u2019expliquer que comme un signe d\u2019en haut.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: D\u00e9trompez-moi si n\u00e9cessaire, mais il me semble que d\u2019un point de vue purement musical, le th\u00e8me de l\u2019invasion rappelle le \u00ab\u00a0Bol\u00e9ro\u00a0\u00bb de Maurice Ravel, une \u0153uvre d\u2019un tout autre genre.<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: Mon p\u00e8re plaisantait \u00e0 ce sujet. Dans une lettre \u00e0 un ami, il \u00e9crit que celui-ci lui reprochera s\u00fbrement cette ressemblance avec le \u00ab\u00a0Bol\u00e9ro\u00a0\u00bb de Ravel. La forme est peut-\u00eatre semblable, en effet, mais le sens est compl\u00e8tement diff\u00e9rent.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: C\u2019est \u00e9tonnant de constater qu\u2019une ressemblance ext\u00e9rieure n\u2019influe pas sur le contenu\u00a0: le \u00ab\u00a0Bol\u00e9ro\u00a0\u00bb est une dance, une m\u00e9lodie flexible, belle, \u00e9lastique, tandis que chez Chostakovitch nous voyons s\u2019avancer de redoutables bataillons, se rapprocher des chars d\u2019assaut. Du m\u00eame petit tambour, Ravel tire de magnifiques sonorit\u00e9s ber\u00e7antes, tandis que Chostakovitch fait na\u00eetre une incroyable puissance.<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: J\u2019\u00e9tais encore un tout petit gar\u00e7on lorsque mes parents m\u2019ont emmen\u00e9 \u00e0 la premi\u00e8re de la 7e Symphonie, \u00e0 Kou\u00efbychev. Cette musique m\u2019avait fait une impression terrible\u00a0: l\u2019approche de cette horrible puissance, le battement du tambour m\u2019avaient fortement effray\u00e9. Lorsque je suis rentr\u00e9, je n\u2019ai pas pu trouver le sommeil pendant longtemps. A l\u2019\u00e9poque, les journaux \u00e9taient remplis de caricatures repr\u00e9sentant des fascistes assoiff\u00e9s de sang, coupant les t\u00eates \u00e0 coups de hache, etc. Ma nourrice, qui \u00e9tait tr\u00e8s pieuse, m\u2019a longuement lu le Psautier pour que je me calme.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Les \u00e9preuves de la guerre sont \u00e9galement refl\u00e9t\u00e9es dans une autre \u0153uvre de Chostakovitch, son Huiti\u00e8me quatuor \u00e0 cordes, qu\u2019il a d\u00e9di\u00e9 aux victimes de la guerre.<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: A la m\u00e9moire des victimes du fascisme, c\u2019est ce qui est \u00e9crit.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: A la m\u00e9moire des victimes du fascisme, tout \u00e0 fait. Mais c\u2019est aussi une \u0153uvre profond\u00e9ment autobiographique. Ce n\u2019est pas un hasard, si le compositeur y a chiffr\u00e9 sa signature musicale.<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: Chostakovitch a d\u00e9di\u00e9 cette \u0153uvre aux victimes du fascisme \u00e0 la demande des autorit\u00e9s. En fait, le Huiti\u00e8me quatuor \u00e0 cordes, mon p\u00e8re se l\u2019est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame. Il comporte sa signature musicale, \u00ab\u00a0DSCH\u00a0\u00bb, qu\u2019il utilise d\u2019ailleurs assez souvent dans ses \u0153uvres. C\u2019est un monogramme musical, reprenant les premi\u00e8res lettres de son pr\u00e9nom et de son nom en allemand, qui traverse l\u2019\u0153uvre d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Je pense que le th\u00e8me des relations entre Chostakovitch et le pouvoir, sur lequel il a beaucoup \u00e9t\u00e9 \u00e9crit, y compris en Occident, se refl\u00e8te aussi dans son \u0153uvre. Vous avez parl\u00e9 de la Ve Symphonie\u2026<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: C\u2019est sa symphonie h\u00e9ro\u00efque.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Chostakovitch y proclame qu\u2019il continuera \u00e0 suivre sa voie. Nous sommes en 1937. Mais en dehors de l\u2019ann\u00e9e 1937, il y a eu aussi l\u2019ann\u00e9e 1948, o\u00f9 le compositeur, d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre, l\u2019auteur de la \u00ab\u00a0Symphonie de Leningrad\u00a0\u00bb, connu dans le monde entier, re\u00e7oit un nouveau coup sous la forme d\u2019un d\u00e9cret du Parti, sign\u00e9 d\u2019A. A. Jdanov qui condamne les compositeurs \u00e9crivant de la musique \u00ab\u00a0antipopulaire\u00a0\u00bb, dont Chostakovitch. Il est exclu du conservatoire, ses \u0153uvres ne sont plus jou\u00e9es, elles sont pratiquement interdites.<br \/>\nLes rapports entre le compositeur et le pouvoir \u00e9taient b\u00e2tis sur le principe d\u00e9crit par Tchekhov dans son c\u00e9l\u00e8bre r\u00e9cit \u00ab\u00a0Kachtanka\u00a0\u00bb\u00a0: un jeune gar\u00e7on, le ma\u00eetre du chien Kachtanka, attachait un morceau de viande \u00e0 un fil et le donnait \u00e0 la b\u00eate\u00a0; lorsqu\u2019elle avait aval\u00e9 le morceau, il tirait sur le fil\u2026 Ici aussi, il y a eu des encouragements, des prix L\u00e9nine, des prix Staline\u2026<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: La politique du b\u00e2ton et de la carotte.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: \u2026 et ensuite, ce genre de d\u00e9crets.<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: C\u2019\u00e9tait une \u00e9poque \u00e9pouvantable.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: A cette m\u00eame \u00e9poque, en 1948, Chostakovitch a \u00e9crit son magnifique Premier concerto pour violon et orchestre. David O\u00efstrakh, auquel est d\u00e9di\u00e9 ce concerto, a \u00e9t\u00e9 longtemps sans l\u2019interpr\u00e9ter. Il \u00e9crit dans ses souvenirs que cette musique lui parut d\u2019abord difficile, il ne s\u2019y est pas fait tout de suite.<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: Chostakovitch d\u00e9diait toujours sa musique loin \u00e0 l\u2019avance dans le temps, pour le si\u00e8cle suivant, pour le futur. J\u2019ai eu le bonheur d\u2019enregistrer ce concerto \u00e0 Londres avec David O\u00efstrakh. Il aimait beaucoup cet enregistrement.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Jusqu\u2019\u00e0 une date r\u00e9cente, Moscou n\u2019avait pas de monument \u00e0 Chostakovitch. Il y en a un maintenant, sur les marches de la Maison de la musique. Je pense que l\u2019ouverture du monument \u00e0 Chostakovitch a \u00e9t\u00e9 un \u00e9v\u00e8nement important.<br \/>\nJe me consid\u00e8re comme un \u00e9l\u00e8ve de D. Chostakovitch, car mon professeur, Vladimir Dovgan, fut l\u2019\u00e9l\u00e8ve de Boris Tcha\u00efkovski, qui fut lui-m\u00eame \u00e9l\u00e8ve de Chostakovitch. Il y a donc ici un lien de transmission. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 impr\u00e9gn\u00e9 de la musique de Chostakovitch d\u00e8s le sein de ma m\u00e8re, au sens propre du terme, car lorsque ma m\u00e8re m\u2019attendait, elle \u00e9coutait les \u0153uvres de Chostakovitch. J\u2019ai grandi avec sa musique, je vis avec elle depuis 50 ans. Et j\u2019ai envie de souhaiter \u00e0 nos t\u00e9l\u00e9spectateurs d\u2019\u00e9couter la musique de Chostakovitch.<br \/>\n<strong>M. Chostakovitch<\/strong>\u00a0: Beaucoup disent que la musique de Chostakovitch est le miroir de notre temps. Certes, elle refl\u00e8te des moments terribles de notre histoire. Ces moments terribles lui ont inspir\u00e9 ses \u0153uvres.<br \/>\n<strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Merci, Maxime Dmitrievitch, d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 notre invit\u00e9.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le chef d\u2019orchestre et pianiste Maxime Dmitrievitch Chostakovitch \u00e9tait l\u2019invit\u00e9 du m\u00e9tropolite Hilarion de Volokolamsk dans son \u00e9mission \u00ab L\u2019\u00c9glise et le monde \u00bb sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision \u00ab Rossia-24 \u00bb le 30 octobre 2016.<\/p>\n","protected":false},"author":17,"featured_media":80736,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1,12,109],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/137766"}],"collection":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=137766"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/137766\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/80736"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=137766"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=137766"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=137766"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}