{"id":133289,"date":"2016-06-28T17:04:04","date_gmt":"2016-06-28T14:04:04","guid":{"rendered":"https:\/\/mospat.ru\/?p=133289"},"modified":"2016-06-29T17:06:28","modified_gmt":"2016-06-29T14:06:28","slug":"%d0%bc%d0%b8%d1%82%d1%80%d0%be%d0%bf%d0%be%d0%bb%d0%b8%d1%82-%d0%b8%d0%bb%d0%b0%d1%80%d0%b8%d0%be%d0%bd-%d0%bc%d0%bd%d0%be%d0%b3%d0%b8%d0%b5-%d0%bd%d0%b0%d1%88%d0%b8-%d0%bf%d0%b8%d1%81%d0%b0%d1%82","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/2016\/06\/28\/news133289\/","title":{"rendered":"Le m\u00e9tropolite Hilarion : beaucoup de nos \u00e9crivains, compositeurs et artistes ont pris une part active \u00e0 la vie de l\u2019\u00c9glise"},"content":{"rendered":"<p><em>Le 25 juin 2016, Igor Zolotousski, \u00e9crivain, critique litt\u00e9raire, \u00e9tait l\u2019invit\u00e9 du m\u00e9tropolite Hilarion de Volokolamsk, animateur de l\u2019\u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise et le monde\u00a0\u00bb sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision \u00ab\u00a0Rossia-24\u00a0\u00bb. <\/em><\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Chers fr\u00e8res et s\u0153urs, bonjour. Vous regardez l\u2019\u00e9mission \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise et le monde\u00a0\u00bb. Ces derniers temps, beaucoup de voix se sont \u00e9lev\u00e9es pour la pr\u00e9servation et la diffusion de la langue russe. Il y a quelques temps, une Soci\u00e9t\u00e9 de litt\u00e9rature russe a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e. Lors de son inauguration, le Pr\u00e9sident Vladimir Poutine a dit que la sauvegarde de la langue russe \u00e9tait une question de s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p>Nous parlerons donc aujourd\u2019hui dans cette \u00e9mission de la langue russe\u00a0: qu\u2019est-ce que la langue russe, qu\u2019est-ce que la litt\u00e9rature russe, pourquoi devons-nous \u00e9tudier la litt\u00e9rature, quelle est la place de la spiritualit\u00e9 dans la litt\u00e9rature russe. J\u2019accueille aujourd\u2019hui Igor Zolotousski, \u00e9crivain, critique litt\u00e9raire.<\/p>\n<p>Bonjour, Igor Petrovitch\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Igor Zolotousski<\/strong>\u00a0: Bonjour, Monseigneur. Le sujet de notre discussion est certes tr\u00e8s vaste\u00a0! Je ne peux, cependant, imaginer ma vie sans la litt\u00e9rature russe. J\u2019aime la litt\u00e9rature russe, j\u2019aime ses auteurs. J\u2019estime que ce sont eux qui repr\u00e9sentent l\u2019id\u00e9al que la litt\u00e9rature russe a toujours d\u00e9fendu et auquel elle aspire.<\/p>\n<p>Je pense que ma vie aurait \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente sans la litt\u00e9rature russe, de m\u00eame que la vie de nombre de mes contemporains. Ma g\u00e9n\u00e9ration s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e gr\u00e2ce aux cours de litt\u00e9rature russe dispens\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole par d\u2019excellents, de remarquables enseignants. Nous les aimions, nous avions confiance en eux. Maman me lisait \u00ab\u00a0Guerre et paix\u00a0\u00bb lorsque j\u2019\u00e9tais malade, et la musique de la langue, de la pens\u00e9e, la musique de l\u2019aspiration \u00e0 saisir l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019homme r\u00e9sonnent encore en moi aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Nous appartenons \u00e0 des g\u00e9n\u00e9rations diff\u00e9rentes, mais nous avons tous deux grandi en Russie sovi\u00e9tique. Je pense que ce que vous avez dit s\u2019applique en grande partie \u00e0 mon enfance et \u00e0 ma jeunesse\u00a0: ma maman me lisait aussi \u00ab\u00a0Guerre et paix\u00a0\u00bb, et pas seulement \u00ab\u00a0Guerre et paix\u00a0\u00bb. Ma maman est \u00e9crivain. Elle m\u2019a fait d\u00e9couvrir tr\u00e8s t\u00f4t le monde de la litt\u00e9rature. Tout jeune, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 lire une litt\u00e9rature s\u00e9rieuse. Dosto\u00efevski, L. Tolsto\u00ef, I. Tourgueniev, N. Leskov sont des auteurs que j\u2019ai lus et relus d\u00e8s mon enfance. Les cours de litt\u00e9rature russe, \u00e0 l\u2019\u00e9cole, m\u2019ont aussi marqu\u00e9. Nous avions un excellent professeur, Albina Mouravina. Elle est toujours vivante, bien que tr\u00e8s \u00e2g\u00e9e. Elle nous parlait de la litt\u00e9rature russe, des \u00e9crivains, des po\u00e8tes. On nous obligeait \u00e0 apprendre par c\u0153ur les vers des po\u00e8tes russes. Et ce que nous avons appris nous est rest\u00e9 pour toute la vie.<\/p>\n<p>On d\u00e9bat aujourd\u2019hui de la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019enseignement de la litt\u00e9rature russe \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Certains disent que l\u2019enseignant doit pouvoir choisir entre litt\u00e9rature classique et contemporaine\u00a0: \u00e9tudier, mettons, \u00ab\u00a0La Fille du capitaine\u00a0\u00bb, de Pouchkine, ou une \u0153uvre d\u2019un auteur moderne.<\/p>\n<p>Sa Saintet\u00e9 le Patriarche Cyrille a dit clairement que l\u2019enseignement doit comporter le canon de la litt\u00e9rature russe, ses chefs d\u2019\u0153uvre, des \u0153uvres que les \u00e9l\u00e8ves doivent avoir lu. Il s\u2019agit avant tout des classiques russes, de Gogol, Dosto\u00efevski, Tolsto\u00ef. Certes, l\u2019enseignant doit pouvoir apporter aussi autre chose. Mais tous les \u00e9l\u00e8ves doivent conna\u00eetre les classiques.<\/p>\n<p><strong>Igor Zolotousski<\/strong>\u00a0: Oui, je suis d\u2019accord avec le Patriarche. J\u2019aimerais ajouter \u00e0 ce qu\u2019a dit Vladimir Poutine sur la s\u00e9curit\u00e9 nationale, que les classiques sont les \u00ab\u00a0avoirs en or\u00a0\u00bb de notre pays, de notre peuple et de chacun de nous. Ces avoirs en or ne sont pas enterr\u00e9s quelque part loin sous la terre, ils sont accessibles \u00e0 tous et enrichissent le lecteur, l\u2019aidant \u00e0 surmonter ses vices, ses p\u00e9ch\u00e9s, ses tentations.<\/p>\n<p>La litt\u00e9rature russe, en venant aux auditeurs, aux lecteurs, aux \u00e9l\u00e8ves, que ce soit \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou \u00e0 l\u2019universit\u00e9, accomplit une \u0153uvre pieuse. Je dois vous dire que c\u2019est elle qui m\u2019a amen\u00e9 moi en particulier, et plus g\u00e9n\u00e9ralement tant de personnes de ma g\u00e9n\u00e9ration, \u00e0 la foi en Dieu. Et c\u2019est tr\u00e8s s\u00e9rieux. Vous avez cit\u00e9 Nicolas Leskov, j\u2019aime beaucoup cet auteur. Compar\u00e9 \u00e0 d\u2019autres, je dirais que si Dosto\u00efevski montrait, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, plongeait dans l\u2019ab\u00eeme du p\u00e9ch\u00e9 afin d\u2019en tirer les gens, Leskov, lui, plongeait dans les profondeurs de la saintet\u00e9 russe. Entour\u00e9 des \u0153uvres de la grande litt\u00e9rature russe, de ses \u00e9crivains, parmi ces livres, soumis \u00e0 leur influence, je vis, peut-on dire, dans le monde de ce ph\u00e9nom\u00e8ne qu\u2019est l\u2019esprit russe.<\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Vous avez consacr\u00e9 de nombreuses ann\u00e9es \u00e0 \u00e9tudier la vie et l\u2019\u0153uvre de Nicolas Gogol. Vos livres et vos \u00e9missions sur Gogol sont connus d\u2019un grand nombre de nos t\u00e9l\u00e9spectateurs. Mais tous sont loin de savoir que Gogol \u00e9tait profond\u00e9ment croyant et que son \u0153uvre compte de nombreuses pages sur le Christ, le christianisme, le r\u00f4le de l\u2019\u00c9glise dans la soci\u00e9t\u00e9 de son temps. Tout le monde conna\u00eet Gogol comme l\u2019auteur des \u00ab \u00c2mes mortes\u00a0\u00bb, du \u00ab\u00a0R\u00e9viseur\u00a0\u00bb, des \u00ab\u00a0Soir\u00e9es du hameau pr\u00e8s de Dikanka\u00a0\u00bb, d\u2019\u0153uvres satiriques. Je poss\u00e8de chez moi les \u0152uvres compl\u00e8tes de Gogol, avec sa correspondance, \u00e9dit\u00e9es avec la b\u00e9n\u00e9diction de Sa Saintet\u00e9 le Patriarche Cyrille. Vous avez s\u00fbrement cette \u00e9dition, dont la particularit\u00e9 tient \u00e0 ce qu\u2019elle contient les fragments expurg\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque sovi\u00e9tique pour des raisons id\u00e9ologiques. J\u2019en ai amen\u00e9 ici deux tomes. La majeure partie des \u0153uvres contenues dans ce recueil des \u0153uvres de Gogol contient des r\u00e9flexions d\u2019ordre spirituel.<\/p>\n<p>Il est tr\u00e8s int\u00e9ressant de toucher au monde de ce grand \u00e9crivain, de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 sa perception de l\u2019\u00c9glise et de la soci\u00e9t\u00e9 russe. Je cite un passage de sa \u00ab\u00a0Correspondance avec des amis\u00a0\u00bb. Vous connaissez bien cette citation, mais peut-\u00eatre tous nos t\u00e9l\u00e9spectateurs ne la connaissent-ils pas. Gogol parle de l\u2019\u00c9glise\u00a0: \u00ab\u00a0\u2026 Nous connaissons tr\u00e8s mal notre \u00c9glise. Notre clerg\u00e9 ne reste pas sans rien faire. Je sais bien comment, dans les profondeurs des monast\u00e8res et dans le silence des cellules se pr\u00e9parent des \u0153uvres irr\u00e9futables pour la d\u00e9fense de l\u2019\u00c9glise. Mais ils font leur \u0153uvre mieux que nous\u00a0: ils ne se pressent pas, sachant ce qu\u2019exige cette mati\u00e8re, ils r\u00e9alisent leur travail dans un calme profond, priant, s\u2019\u00e9duquant eux-m\u00eames, chassant toute passion de leur \u00e2me qui ressemblerait \u00e0 une fi\u00e8vre insens\u00e9e et d\u00e9plac\u00e9e, \u00e9levant leur \u00e2me \u00e0 une hauteur d\u2019impassibilit\u00e9 c\u00e9leste \u00e0 laquelle elle doit demeurer pour parler de cette mati\u00e8re\u00a0\u00bb. Voil\u00e0 avec quel respect Gogol parle de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p><strong>Igor Zolotousski<\/strong>\u00a0: Gogol \u00e9tait profond\u00e9ment croyant, et il \u00e9tait croyant au sein de l\u2019\u00c9glise, \u00e0 la diff\u00e9rence de beaucoup d\u2019autres qui voyaient dans la foi une affaire purement individuelle. V. Belinsli, dans une lettre \u00e0 Gogol devenue c\u00e9l\u00e8bre, porte un jugement s\u00e9v\u00e8re sur le livre dont vous avez extrait cette citation. Il dit que le peuple russe ne croit pas en Dieu, que Gogol exag\u00e8re, que l\u2019Eglise russe ne repr\u00e9sente pas l\u2019esprit national. Il fait des remarques assez grossi\u00e8res sur le peuple et sur l\u2019\u00c9glise. Peu de lecteurs connaissent la r\u00e9ponse de Gogol. Parce que cet \u00e9pisode de la lettre de Belinski est toujours pr\u00e9sent\u00e9 comme un monologue\u00a0: Belinski a parl\u00e9, un point c\u2019est tout, et il a raison pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Or, c\u2019est un mensonge, car la r\u00e9ponse de Gogol \u00e9tait longue et, je dirais, tr\u00e8s cl\u00e9mente \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Belinski, qui se trompait, du point de vue de Gogol, en particulier sur l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>Dans ce livre, Gogol parle aussi de l\u2019h\u00e9ro\u00efsme de l\u2019\u00c9glise russe qui, par sa vie, par le sang de ses hi\u00e9rarques, a maintenu l\u2019\u00e2me du peuple russe, l\u2019a sauv\u00e9e. Et Gogol r\u00e9fute le point de vue occidental violent \u00e9nonc\u00e9 par Belinski. Et il le r\u00e9fute de tout son c\u0153ur, par l\u2019exemple de sa vie. Il dit\u00a0: \u00ab\u00a0Un rayon de salut brille quelque part\u00a0: la parole sainte, Dieu, l\u2019amour.\u00a0\u00bb Or, l\u2019\u00c9glise ne parle-t-elle pas de l\u2019amour, et le Seigneur \u00e0 travers elle\u00a0?<\/p>\n<p>Les lecteurs de Gogol croient qu\u2019il se moquait de l\u2019homme, qu\u2019il le ch\u00e2tiait m\u00eame. N. Nekrassov \u00e9crit \u00e0 son sujet\u00a0: \u00ab\u00a0Abreuvant sa poitrine de haine, ayant arm\u00e9 ses l\u00e8vres de la satire, il avance sur sa route sem\u00e9e d\u2019\u00e9pines avec sa lyre punissante.\u00a0\u00bb Pourtant, il n\u2019en \u00e9tait rien. Le rire de Gogol n\u2019est pas l\u00e0 pour ch\u00e2tier. Le rire de Gogol est plus qu\u2019indulgent, il est compatissant. Il veut que l\u2019homme devienne meilleur. Et, finalement, o\u00f9 en vient son fameux Tchitchikov\u00a0? A Dieu. Tchitchikov se remet en route pour qu\u00eater de l\u2019argent afin de faire construire une \u00e9glise.<\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Dans une lettre \u00e0 Joukovski, Gogol parle encore une fois du r\u00f4le de l\u2019\u00c9glsie et de l\u2019influence de l\u2019Europe sur la Russie. Il \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Selon moi, l\u2019id\u00e9e d\u2019introduire des innovations en Russie en contournant l\u2019\u00c9glise, sans lui demander sa b\u00e9n\u00e9diction rel\u00e8ve de la folie. Il est ridicule d\u2019introduire des id\u00e9es europ\u00e9ennes, sans qu\u2019elle les ait sanctifi\u00e9es de la lumi\u00e8re du Christ.\u00a0\u00bb A mon avis, ce sont des paroles proph\u00e9tiques.<\/p>\n<p><strong>Igor Zolotousski<\/strong>\u00a0: Proph\u00e9tiques, et tr\u00e8s actuelles.<\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: J\u2019aimerais aussi attirer l\u2019attention sur une de ses \u0153uvres, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0R\u00e9flexion sur la Divine liturgie\u00a0\u00bb. Vous avez dit que Gogol n\u2019\u00e9tait pas simplement croyant, mais croyant au sein de l\u2019\u00c9glise. Qu\u2019est-ce-que cela veut dire\u00a0? \u00catre dans le sein de l\u2019\u00c9glise, cela signifie participer \u00e0 la vie de l\u2019\u00c9glise, c\u2019est-\u00e0-dire avant tout \u00e0 la liturgie. L\u2019exemple de nombreux \u00e9crivains, compositeurs, artistes russes montre qu\u2019ils prenaient une part active \u00e0 la vie de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<p>J\u2019ai beaucoup travaill\u00e9 sur l\u2019\u0153uvre de Tcha\u00efkovski. En \u00e9tudiant sa biographie, j\u2019ai relu toute sa correspondance avec la baronne Von Meck. Dans ses lettres, il mentionne souvent avoir \u00e9t\u00e9 aux v\u00eapres hier, avoir entendu aujourd\u2019hui la Liturgie, avoir assist\u00e9 \u00e0 l\u2019office dans telle \u00e9glise avant-hier. Nous avons affaire \u00e0 quelqu\u2019un qui se rend souvent \u00e0 l\u2019\u00e9glise et entend le chant liturgique.<\/p>\n<p>Gogol aussi assistait souvent \u00e0 la Divine liturgie. C\u2019est ainsi qu\u2019il a \u00e9crit l\u2019une des \u0153uvres de la litt\u00e9rature russe consacr\u00e9es \u00e0 la liturgie les plus poignantes, sa \u00ab\u00a0R\u00e9flexion sur la Divine liturgie\u00a0\u00bb. Ce n\u2019est pas enti\u00e8rement une \u0153uvre personnelle, il a beaucoup emprunt\u00e9 aux commentaires byzantins de la Liturgie, mais donnant \u00e0 ces emprunts une touche personnelle. Achevant son ouvrage, il souligne que la liturgie transfigure le croyant. Gogol \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019action de la Divine liturgie sur l\u2019\u00e2me est grande\u00a0: elle s\u2019accomplit visiblement, sous nos yeux, au vu de tout le monde, mais pourtant cach\u00e9e. Si le fid\u00e8le suit chaque geste liturgique avec pi\u00e9t\u00e9 et attention, \u2026, son \u00e2me atteint d\u2019\u00e9minentes dispositions, les commandements du Christ lui semblent accessibles, son joug doux et son fardeau l\u00e9ger. En sortant de l\u2019\u00e9glise o\u00f9 il a assistait au repas de l\u2019amour divin, il regarder tous les \u00e2mes comme ses fr\u00e8res.\u00a0\u00bb Voici des paroles qui t\u00e9moignent d\u2019une transfiguration int\u00e9rieure. L\u2019\u00e9crivain semble l\u2019avoir \u00e9prouv\u00e9 personnellement.<\/p>\n<p><strong>Igor Zolotousski<\/strong>\u00a0: Oui, bien s\u00fbr. Souvenez-vous d\u2019un des r\u00e9cits c\u00e9l\u00e8bres de Gogol, \u00ab\u00a0Le Manteau\u00a0\u00bb, o\u00f9 des fonctionnaires se moquent du pauvre Bachmatchkine, c\u2019est le nom du h\u00e9ros, lui jettent des papiers \u00e0 la t\u00eate en disant que c\u2019est de la \u00ab\u00a0neige\u00a0\u00bb. Et cet homme doux leur demande\u00a0: \u00ab\u00a0Pourquoi m\u2019offensez-vous\u00a0?\u00a0\u00bb Un jeune fonctionnaire, qui vient d\u2019entrer au d\u00e9partement, se met \u00e0 trembler, parce qu\u2019il per\u00e7oit sous cette question un autre sens\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis ton fr\u00e8re\u00a0\u00bb. Ce cri d\u2019une \u00e2me chr\u00e9tienne r\u00e9sonne pour la premi\u00e8re fois dans la litt\u00e9rature profane, gr\u00e2ce \u00e0 Gogol. Je pense que c\u2019est avec Gogol que d\u00e9bute la christianisation de la litt\u00e9rature profane russe. Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019il disait que la litt\u00e9rature est une marche invisible vers le christianisme. On ne saurait mieux dire.<\/p>\n<p><strong>Le m\u00e9tropolite Hilarion<\/strong>\u00a0: Merci, Igor Petrovitch, de cet entretien. J\u2019esp\u00e8re que nous aurons l\u2019occasion de le poursuivre dans nos prochaines \u00e9missions.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 25 juin 2016, Igor Zolotousski, \u00e9crivain, critique litt\u00e9raire, \u00e9tait l\u2019invit\u00e9 du m\u00e9tropolite Hilarion de Volokolamsk, animateur de l\u2019\u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e \u00ab L\u2019\u00c9glise et le monde \u00bb sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision \u00ab Rossia-24 \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":17,"featured_media":80736,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1,12,109],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/133289"}],"collection":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=133289"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/133289\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/80736"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=133289"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=133289"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/old.mospat.ru\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=133289"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}